Formateur et chercheur en neuropédagogie.

TEDxLaBaule Orateur Pascal Roulois

Pouvez-vous vous définir brièvement ?

Je suis profondément passionné par l’apprentissage, du mécanisme de traitement de l’information à tout ce que l’on peut apprendre. Tous les sujets m’intéressent.

Pourquoi avoir accepté ce défi d’intervenir lors du TEDx La Baule ? En quoi le format des TED vous convient-il ?

Je suis un rat de bibliothèque, de nature discrète ; je passe l’essentiel de mon temps à lire des travaux universitaires afin de me perfectionner, d’en savoir un peu plus sur le monde. Si je suis parfaitement à l’aise lorsque je donne des cours ou des formations, intervenir hors de mon cadre de prédilection est un véritable défi ; le stress est immense.

Mais la difficulté ne m’effraie pas et j’ai un message à partager, afin que tout le monde puisse mieux apprendre. Participer à ce TEDx présente donc une double opportunité : m’améliorer et partager.

Qu’entendez-vous derrière le terme « connaissance » ? Et qu’est-ce que la transmission des connaissances ?

Selon Anderson et collègues, il existe 4 types de connaissances :

  • Les connaissances factuelles sont des faits, c’est-à-dire des descriptions, des définitions, des caractéristiques : « La France a été un Royaume » est un fait. « 2 est un chiffre » est un fait.
  • Les connaissances conceptuelles sont le résultat de relations entre les faits, qui fonctionnent dans une structure cohérente : hiérarchie, cause-effet, explications et toute autre organisation de l’information. « Les relations entre un suzerain et ses vassaux dans la France du XIIe siècle » est une connaissance conceptuelle. « La base 10 » est une connaissance conceptuelle.
  • Les connaissances procédurales impliquent une procédure, une manière d’accomplir quelque chose. « Le protocole pour devenir Roi de France », « les étapes pour diviser un entier naturel » sont des connaissances procédurales. 
  • Les connaissances métacognitives sont formées de toutes les connaissances sur notre fonctionnement cognitif (savoir si on est dans le vrai, monitorer le cheminement de notre pensée à mesure que l’on pense, etc.). 

Les connaissances factuelles et conceptuelles répondent à la question « qu’est-ce que ? » ; elles donnent la structure des informations. Les connaissances conceptuelles et procédurales répondent à la question « comment ? » ; elles renferment les processus pour transformer les structures.

La connaissance est donc le point central de la cognition, c’est une représentation mentale. Elle donne un sens personnel et la plupart du temps subjectif aux informations. 

Voilà pourquoi, si on peut transmettre une information, la connaissance est le résultat d’une construction personnelle de l’information, et elle est largement intransmissible.

Propos recueillis par Sabrina Rouillé.